Gaston Flosse enfin en taule ! On n'y croyait plus...
Cet ex instituteur, ancien ministre, élu de la République, est réputé posséder l'une des plus grandes fortunes du Pacifique.
A Tahiti, personne ne se fait d'illusions sur les moyens utilisés par Gaston pour acquérir ce patrimoine. Pourtant, depuis plus de dix ans, aucune plainte devant la justice n'a rencontré le succès obtenu aujourd'hui.
De non lieux en relaxe, toutes les affaires le concernant ont suivi le même parcours : pour défenseur, un avocat brillant et, comme lui, membre du RPR, plusieurs passages devant la même juridiction parisienne présidée par un RPR ainsi que la protection de Jacques Chirac, fondateur du RPR et Président de la République. Le tour était joué ! A chaque plainte.
Monsieur Flosse pouvait retourner tranquillement à ses gros trafics et à sa spécialité : le détournement de l'argent public.
Est-il le seul à avoir profité de la manne ahurissante que la République déverse sans compter sur la Polynésie ? Cet argent n'est-il pas revenu en métropole servir d'autres intérêts ?
Il serait intéressant de se pencher sur l'amour manifesté à ce territoire par certains qui ont fait le voyage à Tahiti, en particulier avant l'élection présidentielle de 2002, et qui en sont repartis le sourire aux lèvres.
Il serait intéressant de se pencher sur les tarifs de certains services gérés par des multinationales françaises proches de l'ex RPR.
Servi par Le Groupement d'Intervention de Polynésie (GIP), une redoutable milice constituée de vrais nervis, il a étendu son pouvoir sur l'ensemble de la société polynésienne, sur l'économie, le commerce, la politique, la presse et la justice locale.
Il a placé les siens aux postes clés, faisant surveiller ses adversaires par ses propres agents de renseignement. Un comité s'est créé afin d'obtenir la lumière sur la disparition du
journaliste Jean Pascal Couraud dont certains pensent qu'il a été
assassiné par le GIP en raison d'une enquête qu'il menait sur des
comptes de Chirac au Japon.
Jamais son corps n'a été retrouvé.
Le sénateur Gaston Flosse, élu du RPR puis UMP, a été le pire parlementaire de la République qui puisse exister. Il a systématiquement entravé l'action de l'Etat, incitant les Tahitiens à en contester les décisions.
Je le soupçonne d'ailleurs, d'avoir éprouvé un certain plaisir à faire chanter la Marseillaise par la chorale des Mormons de Tahiti lors de la visite de Chirac en 2003. L'hymne d'un Etat laïc entonné par les représentants d'une secte. Ca a de la gueule, n'est-ce pas ?
Moi, je n'ai pas ri.
Je n'ai pas ri non plus devant l'inénarrable chantier de la mairie de Pirae et le luxe tapageur des bâtiments de la présidence à Papeete. Ne cherchons pas la devise de la République sur ces édifices financés par nos impôts. La devise de Flosse, reprise par l'insupportable caste arrogante qui s'est constituée autour de lui, est plutôt " à nous le beurre et l'argent du beurre".
Certains de ses représentant ont d'ailleurs précédé Gaston à la prison de Nuutania.
La mairie de Pirae (15 000 habitants)
Démagogie, populisme, culte du chef par les militants de son parti local le Tahoeraa huiraatia, les procédés les plus détestables et les moins démocratiques ont été utilisés pour conserver le pouvoir.
Mais qu'à fait la droite française face à ces provocations permanentes connues de tous ?
Rien. Silence radio.
A lui qui rêvait de traiter d'égal à égal avec les chefs d'Etat du Pacifique, Chirac et le RPR ont offert sur un plateau un statut d'autonomie, modifié plusieurs fois, avant finalement, de lui accorder les pouvoirs d'un potentat.
Pour cela il a fallu modifier la Constitution. Et il a fallu une majorité des 3/5èmes pour l'adopter !
A l'UMP, certains ont dû y trouver un intérêt puisque Sarkozy a proposé le même statut à la Corse qui, heureusement, l'a repoussé par référendum.
L'affaire Flosse éclaboussera peut-être Chirac ainsi que quelques barons sur le déclin. Je crains toutefois que cela ne soit l'arbre qui cache la forêt.
Pour cette raison, les projets d'autonomie qui fleurissent dans les DOM ne m'inspirent guère confiance. Sauf à nommer des clones d'Eva Joly un peu partout sous les cocotiers, nos poussières d'empire continueront à alimenter des caisses occultes pendant que leurs habitants, comme c'est le cas en Polynésie, vivent de plus en plus nombreux dans la misère et la pauvreté.
Edit de 00h 30 : ici les méthodes de G. Flosse