Oups, ça fait bizarre, non ? Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales assymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables.

 Pourtant, il m’a reconduite à mon poste, comme tous mes collègues.

Oui, j’ai fait un beau mariage et épousé cet ancien socialiste, énarque et haut fonctionnaire international. Tout le gotha était là pour admirer ma toilette, mes bijoux et ma somptueuse chevelure bouclée qui attire les caméras comme le miel attire les abeilles.

Il a été le premier à me féliciter. A sa manière, à la fois maladroite, tonitruante et vulgaire.

Oui, j’ai mauvais caractère et mes collaborateurs me quittent les uns après les autres.  Pauvres petits qui n’arrivent pas à assumer les responsabilités que je leur confie ! Une chose est de proclamer la nécessité de réformer, une autre est de mettre en œuvre les dispositions indispensables à cette réforme. J’ai besoin de sabreurs, de pointeurs, de tueurs sans états d’âme.  Peu me chaut que les timorés s’en aillent voir ailleurs si la politique est plus douce.

Il le sait, il le veut et il l’exige à chacune de nos rencontres. C’est son objectif majeur.  La clé de voûte de ses  vengeances .

Oui, mes amis de banlieue dînent avec moi dans les palais de la République. Et tant pis pour le maître d’hôtel s’ils ne savent pas reconnaître la fourchette à huitre de la fourchette à  gâteau. Tant pis aussi pour le chef du protocole qui me supplie de surveiller mon langage.

Il en rit, et même, il en jouit, lui qui déteste  les conventions et les règles de savoir vivre mais ne crache pas sur le plaisir d’être servi. Humblement.

Il n’empêche. Tout se jouera au prochain remaniement.  

Voilà un troisième grain pour le sablier givré de Kozlika. L’amorce est proposée par Saperli à partir du billet Oro Scope du   blog de Mavie